En bref

Bonjour SRF, le Hezbollah n’est pas une association sociale, mais une organisation terroriste

Résumé

Par David Spuler

Cela commence par des images du Liban : des maisons détruites, des chiffres sur les logements endommagés, un cessez-le-feu. Puis la question : « Qu’est-ce que le Hezbollah exactement et quelle est son influence au Liban ? ».

Jusqu’ici, c’est légitime. Pour comprendre la guerre au nord d’Israël et au Liban, il faut comprendre le Hezbollah. Mais c’est là que le problème commence : SRF n’explique pas mal le Hezbollah, SRF l’explique doucement. Dans le reel, on dit : Chez nous, on connaît le Hezbollah avant tout comme une organisation terroriste qui attaque régulièrement Israël et qui est elle-même attaquée par Israël. Mais c’est aussi une organisation religieuse et politique.

Cela semble équilibré, mais ne l’est pas. En effet, cette présentation déplace déjà le regard. Le Hezbollah en tant qu’organisation terroriste devient une perception occidentale, tandis que le rôle politique et social du Hezbollah au Liban devient une réalité bien plus importante. C’est vrai : Le Hezbollah est plus qu’un groupe armé au Liban. Il siège au Parlement, gère des institutions sociales et contrôle des régions entières. La SRF le décrit elle-même comme un « État dans l’État ». Dans le reportage de la SRF, cet état de fait apparaît plus comme une explication que comme un problème. En effet, l’État libanais lui-même ne serait pas en mesure d’assumer les fonctions sociales du Hezbollah.

« Israël et l’Iran ne vont pas bien ensemble »

La véritable raison de la réalité de l' »État dans l’État » n’est pas expliquée : la supériorité de l’organisation terroriste chiite sur l’armée libanaise. Le reportage minimise également la raison pour laquelle l’Iran a armé le Hezbollah au Liban de manière aussi massive. « Israël et l’Iran ne s’entendent pas très bien », dit le texte original. C’est ainsi que la radio et la télévision publiques suisses décrivent – de manière trompeuse – le fait que le régime islamiste des mollahs à Téhéran a fait de la destruction de l’État juif sa raison d’État. Et que le Hezbollah est un moyen important pour atteindre cet objectif.

L’escalade actuelle au Liban est également racontée « de travers » par SRF. Le reportage commence par des attaques israéliennes et des destructions libanaises. La souffrance au Liban est réelle. Mais le contexte manque : comme après le massacre du 7 octobre, le Hezbollah a recommencé à tirer massivement des roquettes sur le nord d’Israël pendant la récente escalade avec l’Iran. La contre-attaque israélienne n’était qu’une réponse à ces tirs de roquettes, qui ont contraint plus d’un demi-million d’Israéliens à passer la majeure partie de leur temps dans des abris ou à fuir leurs maisons et appartements pendant des semaines.

Concernant la riposte israélienne, la narratrice de la SRF affirme de manière lapidaire qu’on ne peut pas simplement « bombarder » le Hezbollah hors du Liban. C’est une phrase commode, car elle fait immédiatement passer toute critique sévère du Hezbollah pour de la naïveté ou de la brutalité. Mais la vraie question est ailleurs : pourquoi une milice dirigée par l’Iran peut-elle être plus forte que l’État libanais ?

Il est significatif que le reportage ne mentionne pas que le Hezbollah est fortement critiqué au Liban. Ainsi, le président Joseph Aoun, qui mène actuellement des pourparlers de paix avec Israël, a condamné ces jours-ci le Hezbollah en déclarant : « Quand vous (contre Israël, ndlr) avez commencé la guerre, avez-vous d’abord demandé si notre État était d’accord avec cela » ? Et Peter Germanos, l’ancien président du tribunal militaire libanais, a écrit sur X (anciennement Twitter) : « Le Hezbollah travaille à l’abolition de l’État libanais ».

Pour la SRF, Israël est l’éternel agresseur

Mais de tels mots ne correspondent évidemment pas au cadrage de la SRF sur Israël, qui suit toujours le même schéma : Israël bombarde, Israël est l’agresseur. Les adversaires d’Israël, y compris les organisations terroristes comme le Hezbollah, sont en revanche présentés comme des organisations sociales.

La SRF a déjà essuyé plusieurs critiques officielles dans sa couverture du Proche-Orient. L’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a par exemple conclu en 2025 que la SRF avait enfreint le principe de diversité lors de la couverture des manifestations de Gaza dans les universités, car des faits importants et des informations de fond manquaient. De même, l’organe de médiation de la SSR a critiqué un reportage de SRF-Kids sur le conflit au Proche-Orient, estimant qu’il n’était pas pertinent, notamment en raison de la classification insuffisante du Hamas et du Hezbollah.

A la fin de la « vidéo explicative », la narratrice adolescente du reel du Hezbollah demande : « Vous comprenez maintenant ? Oui, nous avons compris : L’hostilité envers Israël est toujours aussi répandue à la radio et à la télévision suisses.

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