En bref

Guerre contre les mollahs : le président américain Trump fera-t-il preuve de plus de persévérance cette fois-ci ?

Le président américain Donald Trump ne veut plus se laisser mener en bateau par les mollahs de Téhéran et a de nouveau recouru à la force. C’est une chance non seulement pour la population iranienne opprimée, mais aussi pour l’ensemble du Proche-Orient – et pour le reste du monde. À condition que Trump fasse preuve cette fois-ci de plus de persévérance et mène la guerre jusqu’au bout.

Depuis environ une semaine, le président américain Donald Trump semble lui aussi comprendre ce qui était en réalité évident dès le départ : les mollahs de Téhéran le mènent par le bout du nez. En effet, comme l’a déclaré tout à l’heure le président israélien Yitzhak Herzog dans une interview accordée à la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya : « On ne peut pas conclure d’accords avec les Iraniens. Ils ne les respectent jamais. »

C’est pourquoi Trump fait à nouveau parler les armes et bombarde des cibles militaires et des infrastructures en Iran. De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ripostent par des attaques à la roquette et au drone contre les États du Golfe. Jusqu’à présent, elles s’abstiennent prudemment d’attaquer Israël. Car elles savent que c’est précisément ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahou attend avec impatience.

Trump et Netanyahou n’ont certes pas toujours été sur la même longueur d’onde ces derniers temps, mais ils sont dans le même bateau. Après l’échec cuisant de ses tentatives diplomatiques auprès des islamistes de Téhéran, Trump a désormais besoin d’au moins un (petit) succès militaire. Sinon, son parti républicain obtiendra non seulement de mauvais résultats, mais des résultats catastrophiques lors des élections de mi-mandat au Congrès américain en novembre. Pour Netanyahou, une frappe militaire israélienne réussie contre les mollahs serait également la bienvenue. En effet, ses chances de rester au pouvoir après les élections législatives israéliennes du 27 octobre sont minces.

Le Premier ministre israélien peut tout de même se féliciter du fait que, grâce à sa position ferme à l’égard de l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah – et, sur cette question, à l’égard des États-Unis également –, les pourparlers de paix avec le gouvernement libanais se poursuivent. Cette semaine, ils se sont tenus à Rome, et non à Washington. Un accord de paix effectif est certes encore loin d’être conclu, mais les deux gouvernements qualifient les négociations de constructives.

Israël considère par ailleurs le conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui touche particulièrement les pays du Golfe sur les plans économique et militaire, comme une occasion de reprendre les pourparlers avec l’Arabie saoudite, interrompus à la suite du massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023. Ces contacts visant à normaliser les relations entre les deux pays avaient été gelés en raison de la guerre à Gaza.

Il semble désormais que l’on espère à Jérusalem que le moment soit venu de poursuivre sur cette voie. Cela ressort non seulement du fait que le président israélien Herzog ait accordé une interview à la chaîne saoudienne Al Arabiya, mais aussi de ce qu’il a déclaré au cours de cet entretien. Herzog a ainsi fait l’éloge du dirigeant saoudien Mohammed ben Salmane en ces termes : « Mon rêve est de voir la paix s’instaurer entre Israël et l’Arabie saoudite. J’ai un grand respect pour le prince héritier Mohammed ben Salmane. Ce que nous souhaitons le plus en Israël, c’est un rapprochement entre nos nations. »

Dans une allusion manifeste à l’ancien président égyptien Anouar el-Sadate, qui s’était pour ainsi dire invité lui-même à Jérusalem en 1977 pour conclure la paix avec Israël, M. Herzog a ajouté : « Je suppose que je ne peux pas simplement me rendre à Riyad en tant que simple citoyen. Mais j’espère réaliser ce rêve et pouvoir rencontrer officiellement les dirigeants saoudiens le moment venu. »

Pour le gouvernement iranien, le fait d’avoir provoqué Donald Trump jusqu’à ce qu’il n’ait d’autre choix que de recourir à nouveau aux armes pour sauver la face pourrait donc s’avérer être une erreur à double titre.

Il reste donc à voir si, cette fois-ci, le président américain Trump ne va pas s’essouffler prématurément dans sa lutte contre le régime islamiste de Téhéran, par le fait d’un mauvais calcul politique.


[i] Sacha Wigdorovits est président de l’association « Fokus Israel und Nahost », qui gère le site web fokusisrael.ch. Il a étudié l’histoire, la philologie allemande et la psychologie sociale à l’université de Zurich et a notamment travaillé comme correspondant aux États-Unis pour la SonntagsZeitung ; il a également été rédacteur en chef du BLICK et cofondateur du journal gratuit 20minuten.

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