En bref

« Les Juifs en paient le prix partout dans le monde ».

Dans une analyse détaillée intitulée « Haine des Juifs, partout » après l’attentat terroriste qui a fait 15 morts lors d’une fête de Hanoukka à Sydney, la rédactrice Christina Neuhaus se penche dans la Neue Zürcher Zeitung sur l’antisémitisme de plus en plus ouvert et agressif qui sévit dans notre société. Lorsque l’antisémitisme coûte la vie, l’horreur est grande partout. Dans le même temps, la haine des juifs est largement tolérée.

A Sydney, une fête de Hanoukka sur la plage a commencé et s’est terminée dans un bain de sang. Quinze morts, une quarantaine de blessés, des coups de feu sont tirés avant même que la première bougie ne soit allumée. Les auteurs : un père et son fils, apparemment motivés par l’islamisme, « au nom de l’IS ». Presque au même moment, selon Neuhaus, mais dans un tout autre registre d’escalade, se déroule en Suisse un combat culturel dans un emballage rose à paillettes : Nemo rendrait la coupe de l’ESC. En guise de protestation contre le fait qu’Israël puisse participer au prochain Concours Eurovision de la chanson. Dans son article, la rédactrice de la NZZ évoque un troisième élément : un Français d’origine nord-africaine aurait planifié un attentat contre l’ESC à Bâle – visant spécifiquement les juifs. Il est arrêté, puis expulsé vers la France, où il est à nouveau en liberté.

Ces trois histoires, souligne Neuhaus, ne sont pas à mettre sur le même plan : « Tuer des gens est un crime capital, rendre un trophée un an et demi après une victoire est tout au plus un peu lâche. Mais au plus profond des sédiments de l’histoire, on trouve un fil qui relie les événements : L’antisémitisme ». Non pas comme un phénomène marginal, non pas comme une relique, mais comme quelque chose qui est en train de se relever, de se rhabiller et qui a l’air terriblement normal. Et elle cite l’écrivain Charels Lewinsky qui a déclaré dans la NZZ : « Aujourd’hui, l’antisémitisme antisioniste et anticolonialiste fait rage. Mais au final, il s’agit souvent de la même haine des juifs. Et il est à nouveau présentable, ou plutôt manifestable ».

Depuis le début de la guerre de Gaza, l’antisémitisme est partout, écrit Christina Neuhaus. Les extrémistes de droite classiques ont été renforcés par la haine des Juifs dans les milieux islamistes et par une culture de protestation radicalisée à gauche, qui se croit moralement dans son bon droit. La socialiste qui reproche à Israël de commettre un holocauste à Gaza, la quasi-star qui rend sa coupe, sont convaincues d’être du bon côté de l’histoire, constate Neuhaus, qui conclut son analyse par ces mots : « Les Juifs en paient le prix partout dans le monde ».

Vers l’article de la Neue Zürcher Zeitung : Neue Zürcher Zeitung – E-Paper

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