Zurich : les Verts libéraux se prosternent devant les islamistes
Par Sacha Wigdorovits
Il n’est pas nouveau que la ville rouge-verte de Zurich soit un bon endroit pour les islamistes radicaux et les post-colonialistes tout aussi radicaux. Ils ne peuvent pas seulement crier dans la rue leurs messages de haine antisémite déguisés en « antisionisme » lors de manifestations. Ils obtiennent aussi régulièrement l’hospitalité dans des institutions comme la Rote Fabrik ou la Zentralwäscherei, qui sont subventionnées par la ville. Et ce, avec la bénédiction du gouvernement de la ville, qui invoque le pluralisme politique et le droit à la liberté d’expression.
Cette politique anti-israélienne, qui n’était jusqu’à présent soutenue que par les rouges et les verts, reçoit désormais un soutien du centre de l’échiquier politique : du parti vert libéral GLP de la ville de Zurich. La direction du parti a en effet – apparemment contre la recommandation de la direction cantonale du parti – averti publiquement son membre Ronny Siev pour avoir diffusé des posts critiques envers l’islam d’autres utilisateurs de Facebook. Siev a été membre fondateur du GLP de la ville de Zurich et est l’un des 15 représentants du GLP au parlement de la ville (conseil municipal), qui compte 125 membres.
De plus, il est juif et s’engage bruyamment au sein du conseil municipal et dans les médias sociaux contre l’antisémitisme et l’hostilité envers Israël, de plus en plus agressifs à Zurich également, à la suite du massacre de 1 200 Israéliens et autres ressortissants par le Hamas le 7 octobre 2023.
Dans le cadre de cet engagement, Siev a notamment relayé sur Facebook le post d’une journaliste allemande dans lequel elle écrivait : « Presque tous les musulmans sont des détracteurs des juifs ». Et sur Instagram, il a reposté un message qui qualifiait l’Islam de « culte de la mort ». Il s’agit d’un message dans le contexte des murs et des barrières qu’Israël a érigés contre les terroristes palestiniens et les kamikazes à Gaza et en Cisjordanie.
Comparés aux propos anti-juifs que l’on peut lire des millions de fois par jour sur les médias sociaux, ces deux posts semblent anodins. Et, comme nous l’avons dit, ils n’émanent même pas de Ronny Siev lui-même. Pourtant, ils lui ont valu une plainte pénale pour violation de l’article 261bis du Code pénal, la fameuse « norme pénale antiraciste ».
C’est du moins ce qu’affirme la plateforme en ligne Baba News, proche des islamistes radicaux et hostile à Israël. Car Siev lui-même n’a pas encore connaissance de la plainte pénale. Si elle existe, elle ne devrait pas non plus avoir de chance d’aboutir sur le plan juridique.
Baba News, en revanche, en a fait une histoire plus importante. L’objectif était clair : dénoncer Siev auprès de son parti, le PVL, et le faire taire en tant que défenseur acharné d’Israël et combattant de la haine des Juifs.
Cette pratique fait partie du modèle économique de Baba News et d’autres cercles proches des islamistes radicaux. Ceux qui prennent publiquement la défense d’Israël sont attaqués par des moyens juridiques et/ou médiatiques afin de les réduire au silence. Baba News a déjà tenté la même chose avec l’auteur de ces lignes et, plus récemment, avec l’Association Suisse-Israël GSI. Les deux fois sans succès.
Dans le cas de Ronny Siev, le stratagème de diffamation ne semblait pas non plus fonctionner dans un premier temps. Dans une première prise de position, la direction du parti Vert’libéral de la ville de Zurich a en effet déclaré que ces posts relevaient de la sphère privée de Siev.
Mais quelques e-mails critiques ont été envoyés, ce qui a suffi pour que la direction du parti municipal cède à la pression et se mette à genoux devant les milieux islamistes. Elle a convoqué son membre Ronny Siev pour un entretien, l’a averti et a rendu l’affaire publique.
Siev avait pourtant facilité la tâche de la direction du parti en le clouant au pilori. En effet, contrairement aux recommandations des milieux musulmans, il s’était excusé pour la diffusion des deux posts, bien qu’il n’y ait aucune raison de le faire. Selon la devise « Qui s’excuse s’accuse », Siev a ainsi ouvert la porte à sa mise à l’écart publique par les responsables de son parti.
Mais la direction du parti GLP de la ville de Zurich a également marqué un but contre son camp. En effet, en agissant de la sorte, elle a transformé un non-événement total – le rapport Baba News en question, rédigé de manière ennuyeuse, n’a suscité aucune réaction, à l’exception de quelques e-mails – en une histoire médiatique. Reste à savoir si cela aidera les Vert’libéraux à gagner des voix supplémentaires lors des élections municipales prévues pour le 8 mars 2026 dans la ville de Zurich. Le comportement de la direction du parti GLP laisse un arrière-goût amer pour une autre raison : lorsque Ronny Siev a reçu des menaces de mort il y a quelques mois en raison de son engagement public contre la haine des juifs et en faveur d’Israël, la direction du parti a manqué de solidarité et est restée passive. C’est une autre raison pour laquelle elle s’inscrit parfaitement dans le climat politique actuel de la ville de Zurich.
Sacha Wigdorovits est président de l’association Fokus Israel und Nahost, qui gère le site web fokusisrael.ch. Il a étudié l’histoire, la germanistique et la psychologie sociale à l’université de Zurich et a travaillé, entre autres, comme correspondant aux États-Unis pour la SonntagsZeitung, a été rédacteur en chef du BLICK et cofondateur du journal pour pendulaires 20minuten.
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